Pourquoi ai-je du mal à lâcher prise ?
Quand le corps reste en vigilance
Beaucoup de personnes me disent :
« Je n'arrive jamais à décrocher. »
« Mon cerveau tourne tout le temps. »
« Je suis épuisé mais je n'arrive pas à me détendre. »
« Même en vacances, je reste tendu. »
Elles ont souvent l'impression que leur corps ne sait plus vraiment se reposer.
Comme s'il était constamment en train de surveiller quelque chose, d'anticiper, de contrôler, de vérifier.
Parfois, le problème n'est pas que nous ne savons pas nous détendre. C'est que notre corps ne se sent plus suffisamment en sécurité pour le faire.
Être en contrôle n'est pas un choix conscient
Lorsque j'entends quelqu'un dire qu'il n'arrive pas à lâcher prise, je ne vois pas quelqu'un qui refuse de se détendre.
J'observe plutôt une personne qui mobilise énormément d'énergie pour rester en vigilance.
Elle observe son environnement, anticipe, cherche à éviter les imprévus.
Elle essaye inconsciemment de réduire tous les risques possibles.
Cette vigilance permanente finit souvent par entraîner :
une grande fatigue
une charge mentale importante
des tensions musculaires
une sensation de saturation
des difficultés à profiter pleinement du moment présent
Le contrôle devient alors une manière de se rassurer, pas un défaut de caractère.
Une manière de se protéger
Avec le temps, j'ai compris que ce besoin de contrôle cherchait souvent à protéger quelque chose :
éviter une souffrance déjà connue.
ne pas être pris au dépourvu.
ne pas revivre des émotions difficiles.
Le contrôle donne parfois l'illusion que tout restera sous contrôle.
Même lorsque cela nous coûte énormément d'énergie.
Le contrôle n'est souvent qu'une tentative pour retrouver de la sécurité.
Mon propre rapport au contrôle
Je connais moi aussi cette manière de fonctionner.
Elle revient parfois lorsque je suis fatigué ou plus vulnérable.
Je peux alors commencer à tout analyser, à vouloir tout comprendre, à ranger en permanence mon environnement.
Comme si chaque objet à sa place allait alléger ma charge mentale.
En réalité, je remarque l'inverse : je reste mobilisé en permanence.
Mon attention ne se repose jamais vraiment et je finis par me sentir fatigué et emprisonné.
Aujourd'hui, lorsque cela revient, j'apprends à accueillir ce fonctionnement.
J'essaye de comprendre ce qu'il cherche à protéger pour pouvoir en prendre soin et réellement lâcher prise.
Le système nerveux cherche avant tout la sécurité
Cette compréhension est aujourd'hui soutenue par plusieurs recherches en neurosciences.
Le psychiatre Stephen Porges, à travers la théorie polyvagale, explique que notre système nerveux cherche en permanence à évaluer si notre environnement est suffisamment sûr.
Lorsque ce sentiment de sécurité n'est pas présent, le corps peut rester dans un état d'alerte, même lorsqu'il n'existe aucun danger immédiat :
Notre respiration devient plus courte.
Nos muscles restent tendus.
Notre attention demeure tournée vers l'extérieur.
Il devient alors particulièrement difficile de simplement se détendre.
Il ne s'agit pas d'un manque de volonté, mais d'un fonctionnement biologique.
Quand le corps commence enfin à souffler
Je remarque souvent que le premier lâcher-prise commence avant même le massage.
Pendant notre temps d'échange, le fait d'être accueilli sans jugement, de pouvoir déposer ce qui est vécu, de sentir que rien n'a besoin d'être prouvé, permet déjà à certaines tensions de commencer à se relâcher.
Puis viennent parfois :
une longue expiration
les épaules qui s'abaissent
le regard qui devient plus doux
un visage qui se détend
Pendant le massage, d'autres signes apparaissent parfois :
des frissons
des micro-mouvements
une respiration plus profonde
parfois même le sommeil
Comme si le corps découvrait qu'il pouvait enfin déposer un peu de cette vigilance.
Le lâcher-prise n'est pas quelque chose que l'on décide. Il apparaît souvent lorsque le corps se sent suffisamment en sécurité.
Le massage taoïste sensuel peut-il favoriser ce relâchement ?
Le massage taoïste sensuel propose des conditions qui peuvent rendre possible le lâcher-prise.
L'entretien préalable permet d'installer un cadre clair.
Le consentement est présent tout au long de la séance.
Le rythme est adapté.
Il n'y a rien à réussir, rien à performer.
Petit à petit, certaines personnes découvrent ce que cela fait de ne plus avoir à gérer, à prévoir, à contrôler.
Elles s'autorisent à ressentir et à simplement être là.
S'offrir une première pause
Lorsque nous sommes pris dans cette hypervigilance, il peut sembler impossible de tout arrêter.
Et pourtant, le premier pas n'est pas forcément de réussir à lâcher prise complètement.
Il peut simplement être de s'offrir quelques minutes : marcher, respirer, observer les arbres, boire un thé sans son téléphone, sentir son souffle.
Ces petits espaces permettent parfois au corps de découvrir qu'il existe d'autres manières d'habiter le moment présent.
Chaque instant où le corps se sent un peu plus en sécurité devient une graine de détente.
En résumé
Avoir du mal à lâcher prise n'est pas un manque de volonté.
C'est souvent une stratégie que notre système nerveux a développée pour nous protéger.
Avec le temps, cette vigilance peut devenir épuisante.
Mais elle n'est pas une fatalité.
Petit à petit, il devient possible d'offrir au corps de nouvelles expériences.
Des expériences où il découvre qu'il peut, parfois, relâcher un peu.
Le lâcher-prise ne se commande pas. Il se rencontre lorsque la sécurité devient plus forte que la peur.
Pour aller plus loin
Vous pouvez approfondir cette thématique sur la page consacrée aux difficultés à lâcher prise et au retour du calme intérieur
Vous pouvez également découvrir comment le tantra envisage la circulation de l'énergie et son lien avec notre vitalité
Si vous souhaitez découvrir concrètement cette approche, vous pouvez consulter la page dédiée au massage taoïste sensuel





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